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Occupation, résistance... Indignations de circonstance, et cirque politique qui continue...

On a une bien petite classe politique. Nous nous en rendons compte bien souvent.

Dernier épisode ce weekend, avec des déclarations de Marine Le Pen. Que personnellement je n'ai pas trouvé plus pire que d'autres qu'elle peut faire d'habitude. Elle dit ne pas aimer les musulmans qui pratiquent des prières de rue, mais ça elle l'a déjà dit. Je n'ai pas eu l'impression de découvrir le feu en attendant ça...
Et puis elle a employé le mot "occupation", et là le grand cirque se met en ordre de bataille... Occupation = allusion à la deuxième guerre mondiale = immense scandale en vue, indignations à gogo, youpi...
Et arrive les réactions de nos chefs politiques, de gouvernement ou d'opposition. D'une bêtise affligeante... Ou comment faire une pub d'enfer à Marine Le Pen en prétendant la combattre...

Sur le fond, même si on est loin d'apprécier le FN et ses leaders, le fait de critiquer les prières de rue ne parait pas scandaleux ou illégitime... Il peut y avoir discussion, débat. Mais ce n'est pas sur le fond, mais sur l'emploi du terme "occupation", donc deuxième guerre mondiale, que se concentrent les attaques... Sur le retour à son père, le révisionnisme, le tout ce qu'on veut, le "youpi on a retrouvé le FN de papa".
Sauf qu'on n'a rien retrouvé du tout mais ça amuse avant Noël, c'est bien...

Je suis à l'aise pour exprimer ma gène, car je ne prends pas de gants pour exprimer le mal que je pense de ceux qui, à mon gout, galvaudent le terme "Résistance". Un autre terme issu de la deuxième guerre mondiale. Un terme que je trouve noble, hautement symbolique. Et qui est, à mon sens, maltraité par certains militants qui se lancent dans un combat simplement politique en employant des mots qui les dépassent.
"Résistance contre le pouvoir sarkozyste" peut on lire ici et là... Les résistants, les vrais, ceux qui ont connu l'occupation, la vraie, apprécieront ce parallèle ridicule au mieux, au pire indécent. Ceux qui veulent faire passer les Pinochet, Castro ou Gbagbo pour des bon démocrates bien comme il faut, mais pas Sarkozy par contre, il repousse l'age de la retraite! Et comme en plus c'est lui et ses copains qui ont les postes de pouvoir, et pas nos copains à nous qui ont la bonne carte politique ou syndicale...
Résistons alors... Tu parles...

Non, je ne m'offusque pas des propos de Le Pen quand elle utilise, de manière pas maline du tout, le terme "occupation". Pas plus que je m'offusquerai des propos de ceux qui emploient à tout va, dans le camp d'en face, le terme "résistance" lourd de sens. Que ça me gênent est une chose. De là à en créer une polémique... Il me semble qu'il y a bien d'autres sujets pour créer des polémiques, plutôt qu'un mot pas malin, provenant d'une histoire pas glorieuse...

Pour en revenir à Marine Le Pen et les réactions, on reste encore dans l'écume des choses. Comme le dit l'Hérétique, on voudrait lui faire une publicité d'enfer, on ne s'y prendrait pas autrement... Peut être est ce moins elle à blâmer que cette classe politique qui s'est enfermée dans le piège de l'indignation ridicule... Et qui vont, au final, lui offrir une jolie tribune, pour sa campagne interne aux primaires, et pour la suite. Mais sans doute un fort FN est utile pour certains partis politiques... ?
D'ailleurs, des résistants qui renforcent ceux qu'ils prétendent ou devraient combattre, ça s'appelle comment ? Il y aurait un terme issu de la deuxième guerre mondiale aussi, mais non, pas de polémique... C'est le début de la semaine...

Nicolas Sarkozy a parlé... les autres aussi ! (caricatures suite)

Je n'ai pas regardé. J'ai regardé à la place un merveilleux documentaire sur la lune (c'est vrai plus). Savez-vous que ce satellite a la taille d’un quart de terre, ce qui en fait en proportion le satellite le plus gros du système solaire ? Vous vous en moquez ? Bon…

Je suis allé voir chez Nicolas un peu ce qui a été dit hier. Il fait un résumé rapide, sans plus de commentaires… Sur les blogs de gens de gauche que je connais, fatalement la désillusion apparait, mais l’inverse m’aurait surpris… Restons dans la caricature jusqu’au bout remarquez, la politique est ainsi faite. Les militants et gens de gauche hurleront à la déception (déçu… les pauvres, comme s’ils en avaient attendu objectivement quelque chose…), et les militants et sympathisants UMP sarkozyste applaudiront et se féliciterons d’avoir un chef tel que lui. C’est la force des choses…

Une question que je me pose, comme ça… Pour savoir objectivement ce qu’il s’est dit, et quoi en penser, est ce sur la blogosphère qu’il faut aller voir ? Est-ce chez les militants zélés du Parti Socialiste ou des partis satellites (on y revient) que nous trouverons la lumière et la vérité ? Euh… Est-ce sur les blogs des amis de Dominique Paillé (donnez moi l’adresse si ça existe) que nous trouverons les informations les plus sûres ?

Sinon, je suis quand même allé voir les réactions officielles. Comme prévu c’est à mourir de rire… J'aurais pu recopier mon billet de la veille...

Au Parti Socialiste, forcément, c’est la déception qui domineMartine Aubry : « J'ai entendu un président de la République hésitant, je dirais déboussolé qui donne l'impression de ne pas savoir où il va ». Phrase délicieuse, de la part d’une personne qui elle sait très bien où elle va… JC Cambadélis : « Nicolas Sarkozy est dans les cordes et n’a plus de ressort si ce ne sont les commentaires de la presse. (…). On n’est plus dans la rupture mais dans la continuité. Nicolas Sarkozy se "chiraquise", en ratant l’occasion de la contrition sur ses erreurs ». On sent une intervention préparée et écrite de longue date, qui aurait également pu servir lors de la dernière, ou prochaine, intervention présidentielle… Ségolène Royal est également comme à son habitude, modérée et raisonnable « Les Français, ce soir, vont avoir de nouvelles raisons d'être en colère et même dégoûtés. J'ai trouvé un président affaibli par ses échecs, et enfin, j'ai trouvé un président qui était discrédité par ses mensonges ». Mensonges, de la part de Ségolène Royal, c’est toujours délicieux…

A droite aussi, la caricature est à son summum. Je crois que j’étais bon en pronostic hier soir, je jouerais des sous la prochaine fois… JF Copé saute de partout dans son appartement tellement il est enthousiaste : « Nicolas Sarkozy a su trouver le ton et les mots justes pour remettre en perspective et expliquer l'action que nous conduisons depuis 2007 et tracer un cap clair et ambitieux pour la suite du quinquennat ». Copier coller des interventions précédentes de Xavier Bertrand, mais ne changeons pas des lècheries qui gagnent. Dominique Paillé est tout en nuance : « L'UMP tient à saluer la détermination du président de la République et la force contenue de son message à destination des Français en fixant une feuille de route précise au gouvernement avec un calendrier de réformes détaillé empruntant une méthode de dialogue et de concertation ». Slurp slurp slurp. Les jeunes Pop n’ont peur de rien : « les annonces volontaristes de Nicolas Sarkozy sont le signe fort d'une réponse aux attentes d'une jeunesse inquiète, alors que le chômage touche près de 23% des 18-24 ans ». Slurp slurp slurp encore.
Et le dernier, on l’a retrouvé, enfin : Frédéric Lefebvre ! « On a un président de la République qui, une nouvelle fois, a donné l'image d'un président de devoir. Chacun a pu, en l'écoutant, mesurer à quel point il fait passer l'intérêt du pays avant sa propre image, avant sa popularité ». C'est plus une langue, c'est une baleine...

Je passe les interventions de Bayrou, Buffet ou Le Pen. Ils n’ont pas passé une bonne soirée non plus, mais le jeu est là. Dur de s’y retrouver en écoutant juste les interventions et réactions. La caricature est au moins aussi pénible que l’est cet exercice d’un président monarchique en face de trois journalistes qui viennent prendre la becquée…
Je lisais chez notre ami Stef (qui n’est pas de droite) la remarque suivante : « Ne laissons plus dire à Sarkozy n’importe quoi ». Il a raison. Mais je pense aussi qu’il faut aller plus loin. Ne laissons plus dire à la classe politique, dans son ensemble, n’importe quoi. Ne les laissons plus être des caricatures d’eux même, avec comme seul objectif prendre le pouvoir et les places qui vont avec…

Ne les laissons plus, ne les laissons plus… C’est bien ambitieux tout ça. Je laisserai le travail à d’autres : je préfère, en ce moment, regarder des documentaires sur les planètes le soir… Impression de partir loin, et franchement ça fait du bien…

Les réactions à l'interview présidentielle... (prenons de l'avance)

Gagnons un petit peu de temps. Voilà quelles seront les réactions officielles de la classe politique ce soir, après l’interview élyséenne de Nicolas Sarkozy.

A gauche, c’est la déception : « ils ne sont pas convaincus » (ben voyons). Pour Benoit Hamon : « Nicolas Sarkozy a tenté de créer l'illusion du mouvement. Il a disserté, philosophé, pour éviter de répondre aux questions essentielles où il était attendu : celles de la croissance, du pouvoir d’achat, de la vie chère, des salaires et de l’emploi ». Martine Aubry : « Nicolas Sarkozy présente un discours démissionnaire par rapport aux problèmes des Français ».
Pour Jean-Luc Mélenchon (qui n’a rien dit d’insultant tiens ?) : "C’est une vision ultra réactionnaire et destructrice du changement. Le projet de civilisation de Nicolas Sarkozy, c’est l’assurance de pire en jouant sur les peurs".

A droite par contre, quel délice, ils sont sous le charme. Frédéric Lefebvre n’a pas parlé, mais il ne parle depuis qu’il est allé chez le coiffeur et qu’il est secrétaire d’Etat aux Petits Suisses à la confiture. Par contre, Dominique Paillé n’en peut plus de bonheur : « Nicolas Sarkozy a fait preuve d’un langage de vérité, proche des préoccupations des Français ». Il « salue la réussite d’un exercice pédagogique ». Slurp slurp.
Jean-François Copé ?: « "Nicolas Sarkozy confirme ses engagements pris pendant la campagne présidentielle. Il a donné du sens à son action".

Allez j'avoue : j’ai triché. J’ai fait un mix des déclarations officielles suites aux interviews du 26 janvier 2010 et du 13 Juillet 2010. Mais suis je loin de la vérité ? La gauche trouvera que Nicolas Sarkozy a été décevant et que « de toutes façons les français sont pas dupes, le vrai remaniement en 2012, patati patata », et l’UMP officielle n’en pourra plus de faire des roulades arrières de joie.
J’attends avec intérêt les réactions de Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, et ses copains centristes tiens…